Oméga
3 - Oméga 6 : un nécessaire
équilibre

Les acides
gras essentiels oméga 3 sont rares....
et très à la mode : ils sont
si essentiels que tout le monde les recherche
aujourd’hui, au risque de se suralimenter
!
“Il
faut se méfier de ce qu’a écrit
David Servan-Schreiber dans son par ailleurs
excellent ouvrage !” (“Guérir”)
tempère Taty Lauwers, spécialiste
belge de la nutrition, “si on
en consomme en excès, et qu’on
mange par ailleurs peu d’anti-oxydants
naturels” (NDLR fruits et légumes
frais),” on risque d’enclencher
un cycle inflammatoire, celui qu’on
souhaite précisément éviter
! Les essais cliniques sont assez parlants
: ces suppléments en gélules
sont efficaces dans les premiers temps,
mais semblent provoquer des effets secondaires
après plusieurs mois de supplémentation
– ce qui n’est que rarissime
lorsqu’on se contente des omégas
3 d’une alimentation fraîche
et non manipulée. Il faut faire un
dosage sanguin, et si le médecin
diagnostique une carence en oméga
3, alors on peut en prendre quelque temps!”.
De l’abondante littérature
sur le sujet, on retiendra que l’important
c’est l’équilibre entre
les deux types d’acides gras poly-insaturés.
C’est en effet à partir d’eux
que l’organisme fabrique les prostaglandines,
lesquelles régulent le système
cellulaire. Mais ils sont en quelque sorte
en compétition l’un avec l’autre,
parce qu’ils ont besoin des mêmes
enzymes pour être digérés.
Pour que tout fonctionne bien, il
faut donc consommer entre 4 et 10 fois (idéalement
5 fois) plus d’oméga 6 que
d’oméga 3. Un excès
d’oméga 6 semble diminuer le
mauvais... mais aussi le bon cholestérol.
Or l’alimentation traditionnelle française
serait plus proche d’un rapport de
20 à 1 ! D’où les nouvelles
huiles équilibrées en AGPI
qui arrivent sur le marché.
Sachez toutefois que l’assimilation
des oméga 3 issues des huiles végétales
nécessite un travail enzymatique
fatigant pour l’organisme. Les jeunes
enfants et les personnes âgées
ou malades ne tirent donc pas forcément
tous les bénéfices des suppléments
qui pourraient leur être apportés.
En revanche, les
oméga 3 issus des huiles de poisson
(foie de morue, poissons gras) sont
plus facilement assimilés,
ce qui explique qu’un médecin,
en cas de carence, pourra conseiller plutôt
ce type d’oméga 3.
Les AGPI sont aussi susceptibles de s’oxyder.
Même si une huile bien équilibrée
est riche en anti-oxydants naturels (notamment
la vitamine E), il est important aussi de
consommer beaucoup de légumes et
fruits frais, riches en anti-oxydants.
La consommation d’acides gras saturés,
notamment ceux de l’huile de palme,
améliore l’utilisation par
le corps des oméga 3.
Dossier
rédigé par Véronique
Bourfe-Rivière
paru dans Consom'action n°21 hiver
2003-2004
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